1. Il faut sortir du fossé entre un discours pseudo révolutionnaire dans l'opposition et un conformisme économique au pouvoir : de quelle façon ?
* Dans l’opposition, mettre immédiatement en place un contre-gouvernement effectif qui réagira de manière responsable, en proposant ses propres solutions réalistes.
* Ce qui suppose que le programme du PS et, si possible, celui de la Gauche de progrès, soit en permanence mis à jour et donc disponible à tout moment.
* Avant toute élection, rechercher le maximum d’accord avant le premier tour. Pour le deuxième, appliquer strictement le désistement républicain.
2. Le socialisme ne peut pas se contenter d'aménager le capitalisme financier à la marge : comment produire et répartir autrement la richesse ?
* L’Europe doit sortir de l’OMC et prôner un OM du Développement (OMD). Et tout d’abord en fixant elle-même et pour ce qui la concerne de nouvelles règles empêchant l’asphyxie de son économie par dumping économique, monétaire et/ou social et/ou par délocalisation décidée par les « fonctionnaires » d’un actionnariat sans foi ni loi en dehors du profit maximum pour les seuls actionnaires.
* Pour ce faire, l’Europe doit rétablir des barrières à ses frontières, barrières asymétriques prenant en compte de nouveaux critères : niveau de développement (économique et humain) du partenaire, respect par celui-ci de valeurs humanistes concernant le travail et la protection sociale.
3. Que reprendre des modèles progressistes des autres pays et que rejeter ?
* Nos camarades établis en Europe du Nord nous conseillent vivement de nous inspirer des règles d’organisation et de fonctionnement des partis frères d’Europe du Nord. Je suggère de les consulter via la Fédération des Français de l’Etranger.
4. Il faut pousser l'agilité ( ?) des entreprises, le goût du risque et l'esprit d'entreprendre, tout en améliorant la situation des salariés et leurs sécurités sociales. Avec quel
compromis ?
* Attention aux mots ! En théologie, l’agilité est « Une des propriétés glorieuses des corps des élus qui leur permettra de se transporter d'un point à un autre instantanément. » (Marcel 1938) Autrement dit, la faculté à se délocaliser !
* C’est un secteur où nous avons à tirer beaucoup de leçons des pays nordiques : plus de flexibilité pour les entreprises, oui, mais assorties de protections renforcées des salariés en cas de licenciement. C’est la protection de « revenus » et/ou de « reconnaissance sociale » à inventer. Pas seulement avec la formation permanente, particulièrement nécessaire. Mais aussi par la création d’une nouvelle branche de la protection sociale venant remplacer les Assedic.
5. Il faut rééquilibrer le rapport de force entre le travail et le capital par une meilleure répartition du profit. Quels contre-pouvoirs dans l'entreprise ?
* Sauf à ce que les salariés deviennent majoritaires dans le capital des entreprises, je ne vois pas quels contre-pouvoirs « dans l’entreprise » pourraient conduire à une meilleure répartition des profits entre travail et capital. Seul l’Etat peut imposer de nouvelles règles en la matière. Il faut réfléchir à l’idée d’une répartition obligatoire des bénéfices, par exemple, en trois parts égales : une pour les investissements (R et D notamment), une pour les salariés (en distribution d’actions par exemple), l’autre en rémunération du capital. Un juste milieu doit être trouvé en sorte que cela ne pousse pas les actionnaires à délocaliser.
6. Comment rompre avec la redistribution passive et bureaucratique comme principal moyen de s'attaquer aux injustices sociales ?
* Question incompréhensible même pour un militant un peu au fait de l’économie !
7. Comment améliorer le projet européen pour ne pas oublier les intérêts des peuples et des pays ?
* Dans mon entendement, il est bien question de ne pas oublier les intérêts de tous les peuples de tous les pays de la Terre et non seulement de ceux d’Europe. Sinon, il s’agirait de raisonner à la façon des E-U d’Amérique. Si c’est bien cela, ma réponse est dans l’abandon de l’OMC et la construction de l’Organisation Mondiale du Développement. Avec la réintroduction dans les règles du commerce mondiale des valeurs sociales et du travail du BIT et l’introduction de règles asymétriques en fonction du degré de développement des différents partenaires.
8. Les peuples du Nord doivent être protégés de la concurrence internationale sans que les peuples du Sud ne soient victimes du protectionnisme. Avec quelles nouvelles règles
?
* Voir mes réponses aux questions 2 et 7.
9. Les Etats et le marché doivent assurer la sauvegarde écologique de la planète : quel nouveau modèle de développement ?
* Les nouvelles règles pour une Organisation Mondiale du Développement déjà évoquées aux questions 2, 7 et 8 doivent intégrer, bien sûr, la prise en compte de l’écologie, de la lutte contre le réchauffement de la planète, de la préservation des ressources pour les générations futures.
10. Le Parti socialiste doit intégrer toutes les nouvelles formes de militantisme et d'engagement citoyen, ainsi que les réussites du travail des élus locaux. Il doit aussi décider
efficacement, avec le sens de la discipline collective. Quelles nouvelles règles communes pour y parvenir sereinement ?
* Le PS doit enfin devenir le grand parti de la Gauche en France. Cela suppose d’en finir avec les taux de cotisations actuels élitistes.
* Il doit aussi respecter ses propres textes une fois ceux-ci démocratiquement adoptés, ce qui est très loin d’être le cas aujourd’hui. Cf. les méthodes de désignation des candidats aux élections. Pour cela il conviendrait d’en finir avec des Commissions de recours qui elles-mêmes ne rappellent pas le droit mais soutiennent des causes claniques dans l’indifférence générale ! Une véritable « Cour » de recours devrait être créée, indépendante de la majorité en place dans le parti.
* C’est cette Cour qui devrait être saisie des manœuvres de certains dirigeants nationaux ou territoriaux du PS quand ceux-ci gèrent leurs structures aux seuls fins d’y conserver le pouvoir (par ex. : refus de création de section dans une commune au motif qu’il y en a une à quelques kilomètres de là ; décision d’un Conseil fédéral de réserver la tête de liste à tel ou tel sexe ce que nos Statuts actuels ne prévoient que pour les votes uninominaux ; transgression médiatique non sanctionnée comme il se doit dès lors que le Parti s’est exprimé majoritairement…).
* Il convient aussi d’ouvrir des perspectives à tout militant actif. Pour cela, il convient : (i) d’interdire définitivement tout cumul de mandat ; (ii) de décider d’un renouvellement systématique des têtes de liste après deux mandats ; (iii) de prévoir dans nos textes que, dans ce cas, la nouvelle tête de liste doit être d’un autre « genre » que la précédente…
* Mais aussi de pratiquer réellement la consultation des militants. Avec la nouvelle Déclaration de principes nous vivons exactement ce qu’il ne faut pas faire ! A savoir : un petit groupe – réunissant certes différents « courants » sans pour autant qu’on connaisse le poids réel des uns et des autres - est créé pour parvenir à un projet dit « consensuel ». A peine l’appel aux militants est-il lancé que la Commission ad hoc vient de conclure ! Et c’est ce texte qui devra être adopté ou rejeté en bloc, purement ou simplement. C’est l’article 49 de la Constitution appliqué au Parti. Un vrai déni de démocratie !
* Pour tirer un plus grand profit des réussites de nos élus territoriaux, mais aussi de ceux de nos partis-frères, la FNESER, le CESC et le PSE doivent se voir attribuer chacun la mission de travailler à synthétiser en permanence leurs expériences, échecs et réussites.
* Enfin, des Conventions thématiques au rythme de 6 par an, préparées par des débats participatifs sur les mêmes thèmes associant localement toutes les forces de gauche au sein de Comités économiques, sociaux et culturels régionaux, devraient rendre possible une mise à jour permanente de notre doctrine et de nos programmes de gouvernement.
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